Quand j'étais petit, tu venais t'asseoir au bord de mon lit, là haut dans la grande chambre des vacances. Tu me rappelais que le petit Jésus veillait sur moi, tu m'invitais à lui parler, et tu me faisais un bisous avant d'éteindre la lumière.
C'était doux et rassurant.
Aujourd'hui, c'est moi qui viens m'asseoir sur le bord de ton lit, pour te dire que je t'aime, prendre ta main et te couvrir de baisers. J'embrasse tes joues de pêche et je te respire. Je regarde ton éternel sourire et tes yeux malicieux. J'écoute ta voix un peu cassée par la fatigue me parler de tout et de rien, comme si nous allions nous revoir demain. J'essaie de graver cet instant dans ma mémoire, pour pouvoir en profiter encore et encore lorsque tu ne seras plus là. Mais je sais que je ne pourrai pas. Je suis reparti vers ma vie barcelonaise et déjà j'ai peur.
Avec toi s'en ira mon enfance, des souvenirs merveilleux que je me raconte encore très souvent, tu sais ?
S'il te plaît, accroche-toi ma petite flamme. Que je puisse une fois encore une fois te prendre dans mes bras et te dire combien je t'aime.
17/06/10
21/03/10
LE SAC QUI PARLE A DÉMÉNAGÉ !
Retrouvez maintenant tous les épisodes sur leshistoiresdusac.wordpress.com
http://leshistoiresdusac.wordpress.com/
http://leshistoiresdusac.wordpress.com/
20/03/10
L'HISTOIRE DU SAC QUI PARTAIT... #3
- On est où ici ?
- A ton avis ?
- Ben j'hésite... Si j'en crois les faux Vuitton dans le carton, je dirais une boutique au marché noir. Mais si j'en crois le reste de la déco, je dirais plutôt une décharge publique.
- On est chez Marianela ducon !
- Ah ouais. C'est original. Très sympa. Mais on va rester longtemps à la cave ?
- C'est pas la cave, c'est le salon.
- Très drôle !
...
- Ah. C'était pas une blague donc. Bon ben on va pas s'attarder nous hein ? On y va ?
- Et tu veux aller où comme ça ?
- Oh ben on va pas faire nos difficiles, je vais pas demander un Hilton, faut pas rêver... Disons n'importe où ailleurs pourvu que ce soit un hôtel, même une étoile remarque, où ils aient l'eau courante et un putain de téléphone pour que j'appelle au secours ?
- Continue de rêver.
- Une ambassade ?
- T'as pas de passeport.
...
- Nan Madame, ça va pas être possible là... Fais quelque chose, y'a des gens qui me touchent... "No, pas touchéro, moi saco de luxo, toi pas touchéro..." BORDEL DIS LEUR DE PAS ME TOUCHER !
- Ils ont jamais vu un truc comme toi. Faut les comprendre.
- C'est pas une excuse. Moi non plus j'ai jamais vu des gens comme eux, merci mon Dieu, et je n'ai pas DU TOUT envie de les toucher.
- D'habitude des sacs comme toi, ils les voient exposés dans des boutiques qu'ils visitent comme des musées.
- Bah justement explique-leur que c'est comme au musée, on touche pas.
- Va falloir t'habituer. Ici on se touche beaucoup.
- Ah non. Non mais non, tout ça est très sympathique et très très pittoresque mais je vais pas apprendre les coutumes locales. Je compte pas m'éterniser. Alors si tu pouvais m'appeler un taxi, un FedEx ou un gamin qui serait ravi de m'emmener en courant chez la cousine en échange d'un t-shirt Replay, tu serais un ange.
- Chez la cousine ? Faudrait déjà que tu saches où elle habite.
- Son adresse est marquée sur l'étiquette.
- Y'a belle lurette que tu l'a paumée ton étiquette.
- Mais... ET MERDE !!! Où est mon étiquette ? Rendez-moi mon étiquette !
- Du calme, personne ne t'as pris ton étiquette. Elle a dû s'envoler sur la route.
- Mais c'est pas vrai ! J'ai été marabouté ou quoi ? C'est un cauchemar. Comment je vais faire pour trouver la cousine maintenant ?
- Ca...
- Oui bon ben des cousines qui bouffent des Mon-Chéri, ça doit pas non plus courir les rues dans votre patelin de merde. On va forcément la trouver.
- On est 2,5 millions d'habitants à La Havane.
- Et ben on n'a qu'à regarder sur pagesjaunes.fr ? Google ? Au pire Yahoo ?
- Bien sûr. Dès qu'on aura Internet à la maison.
- Ah ben voilà, allons à la maison !
- C'est ici maintenant ta maison.
- Tu dis ça pour me faire peur ?
- Non.
- Sans déconner, t'as prévu qu'on habite ici ?
- J'ai rien prévu du tout. Mais c'est sûr que la Marianela va vouloir te garder.
- Mais pourquoi ?
- Pour te copier.
- Me quoi ???
...
- Ca va ?
- Nan ça va pas du tout.
- Tu veux un verre d'eau ?
- SURTOUT PAS !
- Fais pas la gueule, tu pourrais être encore à la douane dans un entrepôt crasseux.
- T'as raison, ça pourrait être pire. Je pourrais être à 8000 bornes de chez moi avec des gens qui puent la friture et qui ont l'air très contents de boire du rhum frelaté à la bouteille. Oh mais HEY, c'est le cas !
- Si tu prends tout comme ça t'as pas fini.
- Je prends rien du tout, je veux rentrer chez moi.
- Je croyais que tu voulais voyager ?
- Ca, j'appelle pas ça voyager. J'appelle ça être dans la merde. Au sens propre.
- Sois pas cul serré. Ouvre-toi et profite !
- T'as dit quoi là ?
- Sois ouvert mango ! T'es là, autant en profiter non ?
- Je rêve ! Je suis en train de payer pour toutes mes mauvaises actions. L'autre conne elle me dit de profiter. Comme si je pouvais profiter de quoi que ce soit dans cet endroit de merde, avec ces gens qui braillent. Mon Dieu aidez-moi !
- Dieu il habite ici tu sais.
- Oui bien sûr. Et la Vierge Marie, elle va à la plage entre deux tétées.
- T'es marrant.
- Putain, faut que je trouve un moyen de me barrer d'ici.
- Ca va pas être possible là tu le sais.
- Si toi tu kiffes tout ça, grand bien te fasse. Perso demain matin je vais trouver un moyen de me barrer.
- Demain matin on va au marché.
- Ah non ça c'est pas dans ma notice. Je peux aller au sport, à La Frieze à Londres, au gay tea dance du Space à Barcelone, mais faire le marché, non là franchement je suis pas fait pour.
- T'aimes pas le marché non plus ?
- Si, j'adore le marché, quand c'est la Fiac.
- La quoi ?
- Laisse tomber.
- Bon faut qu'on dorme maintenant. On doit se lever à 6 heures pour emmener les poulets.
- Ah merde. Super dur ça ! Je t'attendrai là moi. On se retrouve quand t'as fini.
- Non, tu vas venir avec nous.
- Nan c'est très sympa de penser à moi mais je suis vraiment pas du matin, je vais m'abstenir sur ce coup là.
- T'as pas compris. Personne ne va te demander ton avis mon grand.
Marianela vide le sac et commence à distribuer les fringues.
- A ton avis ?
- Ben j'hésite... Si j'en crois les faux Vuitton dans le carton, je dirais une boutique au marché noir. Mais si j'en crois le reste de la déco, je dirais plutôt une décharge publique.
- On est chez Marianela ducon !
- Ah ouais. C'est original. Très sympa. Mais on va rester longtemps à la cave ?
- C'est pas la cave, c'est le salon.
- Très drôle !
...
- Ah. C'était pas une blague donc. Bon ben on va pas s'attarder nous hein ? On y va ?
- Et tu veux aller où comme ça ?
- Oh ben on va pas faire nos difficiles, je vais pas demander un Hilton, faut pas rêver... Disons n'importe où ailleurs pourvu que ce soit un hôtel, même une étoile remarque, où ils aient l'eau courante et un putain de téléphone pour que j'appelle au secours ?
- Continue de rêver.
- Une ambassade ?
- T'as pas de passeport.
...
- Nan Madame, ça va pas être possible là... Fais quelque chose, y'a des gens qui me touchent... "No, pas touchéro, moi saco de luxo, toi pas touchéro..." BORDEL DIS LEUR DE PAS ME TOUCHER !
- Ils ont jamais vu un truc comme toi. Faut les comprendre.
- C'est pas une excuse. Moi non plus j'ai jamais vu des gens comme eux, merci mon Dieu, et je n'ai pas DU TOUT envie de les toucher.
- D'habitude des sacs comme toi, ils les voient exposés dans des boutiques qu'ils visitent comme des musées.
- Bah justement explique-leur que c'est comme au musée, on touche pas.
- Va falloir t'habituer. Ici on se touche beaucoup.
- Ah non. Non mais non, tout ça est très sympathique et très très pittoresque mais je vais pas apprendre les coutumes locales. Je compte pas m'éterniser. Alors si tu pouvais m'appeler un taxi, un FedEx ou un gamin qui serait ravi de m'emmener en courant chez la cousine en échange d'un t-shirt Replay, tu serais un ange.
- Chez la cousine ? Faudrait déjà que tu saches où elle habite.
- Son adresse est marquée sur l'étiquette.
- Y'a belle lurette que tu l'a paumée ton étiquette.
- Mais... ET MERDE !!! Où est mon étiquette ? Rendez-moi mon étiquette !
- Du calme, personne ne t'as pris ton étiquette. Elle a dû s'envoler sur la route.
- Mais c'est pas vrai ! J'ai été marabouté ou quoi ? C'est un cauchemar. Comment je vais faire pour trouver la cousine maintenant ?
- Ca...
- Oui bon ben des cousines qui bouffent des Mon-Chéri, ça doit pas non plus courir les rues dans votre patelin de merde. On va forcément la trouver.
- On est 2,5 millions d'habitants à La Havane.
- Et ben on n'a qu'à regarder sur pagesjaunes.fr ? Google ? Au pire Yahoo ?
- Bien sûr. Dès qu'on aura Internet à la maison.
- Ah ben voilà, allons à la maison !
- C'est ici maintenant ta maison.
- Tu dis ça pour me faire peur ?
- Non.
- Sans déconner, t'as prévu qu'on habite ici ?
- J'ai rien prévu du tout. Mais c'est sûr que la Marianela va vouloir te garder.
- Mais pourquoi ?
- Pour te copier.
- Me quoi ???
...
- Ca va ?
- Nan ça va pas du tout.
- Tu veux un verre d'eau ?
- SURTOUT PAS !
- Fais pas la gueule, tu pourrais être encore à la douane dans un entrepôt crasseux.
- T'as raison, ça pourrait être pire. Je pourrais être à 8000 bornes de chez moi avec des gens qui puent la friture et qui ont l'air très contents de boire du rhum frelaté à la bouteille. Oh mais HEY, c'est le cas !
- Si tu prends tout comme ça t'as pas fini.
- Je prends rien du tout, je veux rentrer chez moi.
- Je croyais que tu voulais voyager ?
- Ca, j'appelle pas ça voyager. J'appelle ça être dans la merde. Au sens propre.
- Sois pas cul serré. Ouvre-toi et profite !
- T'as dit quoi là ?
- Sois ouvert mango ! T'es là, autant en profiter non ?
- Je rêve ! Je suis en train de payer pour toutes mes mauvaises actions. L'autre conne elle me dit de profiter. Comme si je pouvais profiter de quoi que ce soit dans cet endroit de merde, avec ces gens qui braillent. Mon Dieu aidez-moi !
- Dieu il habite ici tu sais.
- Oui bien sûr. Et la Vierge Marie, elle va à la plage entre deux tétées.
- T'es marrant.
- Putain, faut que je trouve un moyen de me barrer d'ici.
- Ca va pas être possible là tu le sais.
- Si toi tu kiffes tout ça, grand bien te fasse. Perso demain matin je vais trouver un moyen de me barrer.
- Demain matin on va au marché.
- Ah non ça c'est pas dans ma notice. Je peux aller au sport, à La Frieze à Londres, au gay tea dance du Space à Barcelone, mais faire le marché, non là franchement je suis pas fait pour.
- T'aimes pas le marché non plus ?
- Si, j'adore le marché, quand c'est la Fiac.
- La quoi ?
- Laisse tomber.
- Bon faut qu'on dorme maintenant. On doit se lever à 6 heures pour emmener les poulets.
- Ah merde. Super dur ça ! Je t'attendrai là moi. On se retrouve quand t'as fini.
- Non, tu vas venir avec nous.
- Nan c'est très sympa de penser à moi mais je suis vraiment pas du matin, je vais m'abstenir sur ce coup là.
- T'as pas compris. Personne ne va te demander ton avis mon grand.
Marianela vide le sac et commence à distribuer les fringues.
07/03/10
L'HISTOIRE DU SAC QUI PARTAIT... #2
- Inspecteur ?
...
- Capitaine ?
...
- Euh... Commandant ? Général ??? OH SERPICO, TU VAS ME RÉPONDRE ???
...
- Te fatigues pas, ils n'en ont rien à foutre.
- Je t'ai parlé à toi ?
- Oh pardon majesté ! Mais tu t'époumones pour rien...
- T'es qui toi d'abord ?
- Comme toi. Un bagage "abandonné".
- Ah non je crois pas là. Toi t'as peut-être pas de maison, mais moi, je suis là par erreur.
- Oui oui. On est tous là par erreur cariño...
- En ce qui me concerne, ça me paraît évident. Toi vu ta gueule, c'est pas étonnant qu'on t'ait abandonné. Et ça doit faire un moment en plus. Les autocollants que t'as partout là, c'est pour faire joli ou c'est pour boucher les trous ?
- Eh ben, vu comment t'es aimable, ici t'es pas sorti de l'auberge. Pardon, de l'aéroport.
...
- Mais on fout quoi là ?
- On attend.
- On attend quoi bordel ?
- On attend qu'ils nous contrôlent. Les douanes. Si rien ne se passe, on sera réclamé. Sinon...
- Sinon rien du tout. M'en fous, je viens d'Europe moi. J'ai que des fringues et des Mon-Chéri, rien d'illégal.
- Mmm Mmm.
- Quoi "Mmm Mmm" ?
- Ce que tu contiens n'est pas vraiment la question.
- Non ça j'imagine. A choisir entre un joli sac comme moi et une vieille malle pourrie comme toi, si je suis douanier j'hésite pas, je t'explose le couvercle à coups de marteau ! Tu vas jongler vieille carne.
- C'est pas notre aspect extérieur qui compte.
- Je suis aussi clean dedans que dehors.
- Et ben profites-en tant qu'ils t'ont pas contrôlé.
- Tu dis ça pour me faire flipper.
- Ah non, c'est des sauvages ici. Pas de rayons X, que des cutters et des pieds de biche.
- Oh putain !
...
- T'as dit qu'ils contrôlaient ce qu'on transporte ?!?
- Je l'ai dit.
- Alors je risque rien. Tu transportes quoi toi ?
- Des extas et du GHB, direct de Miami.
- HEIN ??? Putain j'aimerais pas être à ta place ! Me parle plus, je veux pas qu'ils pensent qu'on se connaît. MONSIEUR L'AGENT ! JE CONNAIS PAS CETTE PERSONNE, ENFIN CE TRUC LÀ ! ON N'EST PAS ENSEMBLE !
- Parce que tu crois que ça changera quoi que ce soit ? Atterris mon coeur !
- Ah ben excuse-moi mais de nous deux, je crois pas que c'est moi qui vais finir avec une truffe de clébard dans le cul !
- Si tu le dis...
...
- C'est long là. Pourquoi ils nous font attendre comme ça ?
- Ils attendent de voir si quelqu'un vient nous chercher à l'aéroport.
- Mais personne va venir me chercher ! Je suis censé être livré à domicile, j'ai une étiquette pour ça ! Eh Monsieur l'agent ! J'ai une étiquette !
- Un conseil : te fais pas remarquer.
- Mais si. C'est une erreur, je devrais pas être là. J'ai une étiquette avec une adresse de livraison. Normalement, on devrait me livrer chez la cousine du gros. Youhou ! C'est une erreur Monsieur l'agent !
- Ferme ta gueule.
- Merde putain, je devrais pas être là.
- C'est possible mais tu y es. Alors tu la boucles et tu laisses faire.
- Je laisse faire quoi ?
- Les putes là-bas.
- Quoi ???
- C'est elles qui vont nous faire sortir. Laisse-les faire, elles ont l'habitude. Elles vont passer à la fouille et dans 15 minutes on est libres.
- Oh merde, on va nous foutre à Guantanamo !
- Pfff, tu te prends pour qui ?
- Si mon sort dépend des putes là, c'est clair je suis mort. Moi je vais pas avec vous.
- Comme tu veux mon prince. Bon ben moi je te laisse, y'a la Marianela qui vient me récupérer.
...
- Attends, tu vas pas me laisser là ?
- Hasta luego perdito !
- Mais attends !!!
...
- Tu me parles ?
- Ouais. Bon...
- Mmm ?
- Je m'excuse.
- On ne s'excuse pas soi-même.
- OK. Je te prie de m'excuser. Pourriez-vous ta copine et toi me déposer à l'adresse là sur l'étiquette ?
- Tu vois quand tu veux !
La Marianela se retourne, avise le sac et se pète un ongle en l'attrapant. Elle jure et l'empile sur la malle.
...
- Capitaine ?
...
- Euh... Commandant ? Général ??? OH SERPICO, TU VAS ME RÉPONDRE ???
...
- Te fatigues pas, ils n'en ont rien à foutre.
- Je t'ai parlé à toi ?
- Oh pardon majesté ! Mais tu t'époumones pour rien...
- T'es qui toi d'abord ?
- Comme toi. Un bagage "abandonné".
- Ah non je crois pas là. Toi t'as peut-être pas de maison, mais moi, je suis là par erreur.
- Oui oui. On est tous là par erreur cariño...
- En ce qui me concerne, ça me paraît évident. Toi vu ta gueule, c'est pas étonnant qu'on t'ait abandonné. Et ça doit faire un moment en plus. Les autocollants que t'as partout là, c'est pour faire joli ou c'est pour boucher les trous ?
- Eh ben, vu comment t'es aimable, ici t'es pas sorti de l'auberge. Pardon, de l'aéroport.
...
- Mais on fout quoi là ?
- On attend.
- On attend quoi bordel ?
- On attend qu'ils nous contrôlent. Les douanes. Si rien ne se passe, on sera réclamé. Sinon...
- Sinon rien du tout. M'en fous, je viens d'Europe moi. J'ai que des fringues et des Mon-Chéri, rien d'illégal.
- Mmm Mmm.
- Quoi "Mmm Mmm" ?
- Ce que tu contiens n'est pas vraiment la question.
- Non ça j'imagine. A choisir entre un joli sac comme moi et une vieille malle pourrie comme toi, si je suis douanier j'hésite pas, je t'explose le couvercle à coups de marteau ! Tu vas jongler vieille carne.
- C'est pas notre aspect extérieur qui compte.
- Je suis aussi clean dedans que dehors.
- Et ben profites-en tant qu'ils t'ont pas contrôlé.
- Tu dis ça pour me faire flipper.
- Ah non, c'est des sauvages ici. Pas de rayons X, que des cutters et des pieds de biche.
- Oh putain !
...
- T'as dit qu'ils contrôlaient ce qu'on transporte ?!?
- Je l'ai dit.
- Alors je risque rien. Tu transportes quoi toi ?
- Des extas et du GHB, direct de Miami.
- HEIN ??? Putain j'aimerais pas être à ta place ! Me parle plus, je veux pas qu'ils pensent qu'on se connaît. MONSIEUR L'AGENT ! JE CONNAIS PAS CETTE PERSONNE, ENFIN CE TRUC LÀ ! ON N'EST PAS ENSEMBLE !
- Parce que tu crois que ça changera quoi que ce soit ? Atterris mon coeur !
- Ah ben excuse-moi mais de nous deux, je crois pas que c'est moi qui vais finir avec une truffe de clébard dans le cul !
- Si tu le dis...
...
- C'est long là. Pourquoi ils nous font attendre comme ça ?
- Ils attendent de voir si quelqu'un vient nous chercher à l'aéroport.
- Mais personne va venir me chercher ! Je suis censé être livré à domicile, j'ai une étiquette pour ça ! Eh Monsieur l'agent ! J'ai une étiquette !
- Un conseil : te fais pas remarquer.
- Mais si. C'est une erreur, je devrais pas être là. J'ai une étiquette avec une adresse de livraison. Normalement, on devrait me livrer chez la cousine du gros. Youhou ! C'est une erreur Monsieur l'agent !
- Ferme ta gueule.
- Merde putain, je devrais pas être là.
- C'est possible mais tu y es. Alors tu la boucles et tu laisses faire.
- Je laisse faire quoi ?
- Les putes là-bas.
- Quoi ???
- C'est elles qui vont nous faire sortir. Laisse-les faire, elles ont l'habitude. Elles vont passer à la fouille et dans 15 minutes on est libres.
- Oh merde, on va nous foutre à Guantanamo !
- Pfff, tu te prends pour qui ?
- Si mon sort dépend des putes là, c'est clair je suis mort. Moi je vais pas avec vous.
- Comme tu veux mon prince. Bon ben moi je te laisse, y'a la Marianela qui vient me récupérer.
...
- Attends, tu vas pas me laisser là ?
- Hasta luego perdito !
- Mais attends !!!
...
- Tu me parles ?
- Ouais. Bon...
- Mmm ?
- Je m'excuse.
- On ne s'excuse pas soi-même.
- OK. Je te prie de m'excuser. Pourriez-vous ta copine et toi me déposer à l'adresse là sur l'étiquette ?
- Tu vois quand tu veux !
La Marianela se retourne, avise le sac et se pète un ongle en l'attrapant. Elle jure et l'empile sur la malle.
Puis elle se dirige vers la sortie de l'aéroport et rejoint ses copines.
27/02/10
TOUT EST PLUS BEAU
Les lumières de la zona franca, les panneaux sur la ronda, les chansons qui crient dans le taxi, le temps doux du soir, les immeubles, les poubelles, les lampadaires, les barrières de chantier sur la rambla, les terrasses remplies en hiver, la chambre 443, la piscine sur le toit, la piscine tout en bas, la mousse de mon bain géant, les chaises du Mirinda, mon bocadillo de queso, John Baldessari au MacBa, et mon bonheur d'être là.
Tout est plus beau ici, et j'aimerais bien que ce soit chez moi.
13/02/10
07/02/10
29/01/10
MÉTAPHORE BANCAIRE
Affectivement parlant, j'étais largement au delà du découvert autorisé.
Démuni, j'ai appelé à la rescousse trois amis que je pensais plus fortunés.
Le premier s'est moqué, content de se dire qu'il y avait plus malheureux que lui.
Le second m'a donné le numéro d'un établissement de crédit.
La troisième était trop occupée à renflouer son compte.
Je ne leur en veux pas, on ne peut donner que ce qu'on a. A leur façon ils m'ont aidé. Car j'ai compris que c'est sur moi que je devais compter.
Alors j'ai fait mes poches, j'ai fouillé les placards, j'ai ouvert toutes les boîtes. Et j'ai fini par trouver. Tout au fond de moi, bien planqué, il y avait un petit matelas de billets. Pas gros, mais suffisant pour me rassurer.
J'ai fait mes comptes et j'ai éliminé les dépenses inutiles.
Puis j'ai fait mon lit sur le petit matelas de billets. Et je suis allé me coucher.
Pas plus riche aujourd'hui mais moins pauvre demain.
Démuni, j'ai appelé à la rescousse trois amis que je pensais plus fortunés.
Le premier s'est moqué, content de se dire qu'il y avait plus malheureux que lui.
Le second m'a donné le numéro d'un établissement de crédit.
La troisième était trop occupée à renflouer son compte.
Je ne leur en veux pas, on ne peut donner que ce qu'on a. A leur façon ils m'ont aidé. Car j'ai compris que c'est sur moi que je devais compter.
Alors j'ai fait mes poches, j'ai fouillé les placards, j'ai ouvert toutes les boîtes. Et j'ai fini par trouver. Tout au fond de moi, bien planqué, il y avait un petit matelas de billets. Pas gros, mais suffisant pour me rassurer.
J'ai fait mes comptes et j'ai éliminé les dépenses inutiles.
Puis j'ai fait mon lit sur le petit matelas de billets. Et je suis allé me coucher.
Pas plus riche aujourd'hui mais moins pauvre demain.
21/01/10
19/01/10
Inscription à :
Messages (Atom)
